Femmes de Mayotte : un réseau qui s’ouvre sur l’océan Indien

Les 4 et 5 septembre, trois Mahoraises ont représenté Mayotte à Rodrigues lors de la troisième édition de « Femmes Visionnaires de l’océan Indien ». Cette rencontre a réuni des femmes de plusieurs territoires autour du leadership, de l’entrepreneuriat, du partage d’expériences et de la création de nouvelles collaborations.

Mayotte représentée dans un rendez-vous régional

La présence de trois femmes venues de Mayotte à Rodrigues témoigne d’une volonté d’ouvrir davantage les échanges entre les territoires de l’océan Indien. Elles ont participé à la troisième édition de « Femmes Visionnaires de l’océan Indien », organisée les 4 et 5 septembre autour du thème « Fam Puissante, Kapab & Otentik ». Des participantes venues notamment de Rodrigues, de Maurice et de La Réunion ont pris part à cette rencontre.

Cette initiative s’inscrit dans une actualité locale Mayotte où la question de la place des femmes dans la société, l’économie et les institutions occupe une importance croissante. Les échanges organisés à Rodrigues ont permis de mettre en parallèle les expériences vécues dans différents territoires insulaires.

Parmi les représentantes mahoraises figurait Soiffia Ongaretto, chargée d’orientation à la Délégation de Mayotte à La Réunion. Également engagées dans le milieu associatif, les trois participantes ont pu échanger avec des femmes ayant des parcours et des projets très différents. Cette diversité a constitué l’un des intérêts majeurs de la rencontre.

Des parcours féminins qui gagnent en assurance

Au-delà des rencontres professionnelles, l’événement a permis d’aborder les obstacles qui peuvent encore freiner les femmes dans leurs projets. La prise de parole, la confiance en soi ou encore la capacité à dépasser certaines habitudes ont notamment été évoquées.

Pour les participantes, progresser suppose parfois de sortir d’un cadre habituel et d’oser expérimenter de nouvelles approches. Cette démarche concerne aussi bien les femmes qui travaillent dans la fonction publique que celles qui souhaitent développer une activité ou prendre davantage de responsabilités dans leur environnement.

L’expérience vécue à Rodrigues semble justement avoir favorisé cette prise de confiance. Les échanges ont permis à certaines participantes de prendre la parole devant un public différent et de se confronter à d’autres façons de penser.

La question de la représentation féminine ne concerne d’ailleurs pas uniquement le monde professionnel. Les femmes sont également appelées à renforcer leur présence dans les espaces politiques et institutionnels. À Mayotte comme dans d’autres îles de l’océan Indien, cette évolution passe par une plus grande capacité à porter des projets et à défendre ses idées.

Le réseau professionnel comme véritable levier

La rencontre de Rodrigues n’était pas seulement un moment d’échange entre participantes. Elle a également permis de créer des liens professionnels. Le « Speed Business Rencontres », organisé le 5 septembre, a notamment donné aux participantes l’occasion de présenter leurs activités et de rencontrer d’autres profils.

Ce type de rendez-vous peut avoir des effets concrets sur les projets individuels. Un contact établi lors d’une rencontre peut devenir un partenaire, un conseiller, un client potentiel ou simplement une personne capable de partager une expérience utile.

Pour les femmes entrepreneures ou celles qui envisagent de se lancer, disposer d’un réseau représente souvent un soutien important. Il ne s’agit pas uniquement d’accumuler des contacts, mais de créer des relations basées sur l’échange et l’entraide.

Cette ouverture vers d’autres territoires est particulièrement intéressante pour Mayotte. Les échanges avec Rodrigues, Maurice ou La Réunion permettent de mieux comprendre les initiatives développées ailleurs et peuvent donner naissance à de nouvelles idées. Le réseau régional devient alors un espace où les expériences circulent plus facilement.

L’entrepreneuriat féminin au cœur des échanges

L’entrepreneuriat occupait une place importante dans les discussions. Plusieurs participantes portent déjà des projets tandis que d’autres réfléchissent encore à la manière de transformer une idée en activité concrète.

Pour Soiffia Ongaretto, cette rencontre a notamment permis de côtoyer des femmes ayant des ambitions variées. Certaines sont déjà engagées dans la création d’entreprise tandis que d’autres souhaitent franchir le pas. Cette diversité montre que les parcours entrepreneuriaux ne suivent pas forcément une trajectoire unique.

À Mayotte, cette dynamique peut représenter une piste intéressante pour renforcer l’autonomie économique des femmes. Créer une activité permet en effet de développer ses compétences, de générer des revenus et de participer directement à la vie économique du territoire.

Mais entreprendre demande aussi du temps, de l’organisation et une certaine disponibilité. La conciliation entre vie professionnelle, vie familiale et développement d’un projet constitue donc un véritable enjeu. Les échanges entre femmes peuvent justement apporter des conseils pratiques et un encouragement précieux pour celles qui hésitent encore.

Rodrigues inspire aussi sur l’environnement

Le déplacement à Rodrigues n’a pas seulement été consacré au leadership et aux projets professionnels. Il a également permis aux participantes mahoraises d’observer certaines initiatives liées à la protection de l’environnement.

La propreté de l’île, les efforts concernant la réduction des sacs plastiques ainsi que le travail réalisé autour des mangroves ont particulièrement retenu l’attention de la délégation.

Ces observations peuvent alimenter la réflexion sur les pratiques environnementales à Mayotte. Les problématiques liées aux déchets, à la préservation des espaces naturels et à la gestion des ressources concernent plusieurs territoires de l’océan Indien. Comparer les méthodes employées d’une île à l’autre peut donc aider à identifier certaines solutions adaptées aux réalités locales.

Ce partage d’expériences donne également une dimension supplémentaire à ce type de rencontre. Les échanges entre femmes ne se limitent pas à l’entrepreneuriat ou au développement professionnel. Ils peuvent aussi porter sur des sujets de société et sur les moyens d’améliorer le quotidien dans les territoires insulaires.